Récit d’une mission humanitaire à Madagascar – juillet 2014

Laure Malige, auditrice et collaboratrice comptable chez Inkipio a entrepris un voyage humanitaire de courte durée avec l’Association Grandir Dignement en juillet 2014

L’Association Grandir Dignement est une association française à but non lucratif intervenant depuis 2009 à Madagascar auprès des mineurs en détention.
Elle agit au sein de quatre établissements pénitenciers sur les régions d’Antananarivo et Diego-Suarez, soit auprès d’environ 250 jeunes âgés de 9 à 18 ans. Elle promeut une amélioration de la justice des mineurs et l'humanisation des conditions de détention.

Pour améliorer les conditions de vie des mineurs incarcérés l’association a réhabilité les centres. Elle garantit également aux jeunes au moins 1 repas par jour.

Elle permet à ces derniers d’avoir accès à une formation professionnelle telles que la maçonnerie, la vannerie, ou encore la fabrication de savon. De plus, les adolescents  reçoivent une scolarité puisque des alphabétiseurs sont engagés par l’association.

Pour en savoir plus sur l’association, consulter leur site internet : http://www.grandirdignement.org/

 

Pourquoi avoir choisi de s’engager dans un projet humanitaire ?

« Cela faisait déjà 1 an que je réfléchissais à m’engager dans un chantier de solidarité international. Je souhaitais me mettre au service des autres et plus particulièrement auprès des jeunes défavorisés. Je voulais partager et porter un projet humanitaire avec d’autres volontaires ayant les mêmes valeurs et les mêmes envies que moi, être bousculée dans ma vie et mes certitudes. Je désirais aussi partir à la découverte d’une nouvelle culture et d’un nouveau pays. »

Avec les encouragements d’inkipio, Laure a pris 1 mois de congé sabbatique pour faire de l’animation auprès des mineurs incarcérés. Grande enthousiaste, voici le déroulement de sa mission :

4  juillet 2014 : le jour du départ de cette expérience a sonné ! Tout d’abord, pour appréhender les techniques  d’animation et comprendre la culture malgache, Laure a reçu 4 jours de formation préparatoire à Paris. La rencontre des 12 autres volontaires, les témoignages d’anciens, les formations d’interculturalité et les jeux de mise en situation ont permis de mieux définir la portée de cette mission humanitaire.

Suite à ces journées, Laure est partie à Madagascar où elle a intégré durant près de 2 semaines le Centre de rééducation pénitencier de Mandrosoa. Une centaine de jeunes garçons, âgés de 8 à 18 ans, sont détenus dans ce centre.

Les mineurs sont très autonomes et ont même le droit de sortir pour jouer au foot tout en étant encadrés par des animateurs. Au centre pénitencier de  Mandrosoa, 7 animateurs spécialisés dont des alphabétiseurs et formateurs professionnels travaillent au quotidien. Ici règne une ambiance solidaire, « les plus grands aident les plus petits » dans un rythme de vie presque « militaire »,  tout est cadré.

Le 1er jour des 13 volontaires a été dédié à la prise de connaissance de l’environnement et du fonctionnement du centre. La suite du séjour a été rythmée par les réunions matinales pour organiser les activités et l’après-midi les ateliers. Les animations ont été variées durant les 2 semaines : olympiade, spectacle de  danse, jonglage, chant, peinture, etc.

3 pôles d’activité étaient proposés :

-          Jeux extérieurs avec par exemple le ballon prisonnier rebaptisé  « le ballon enflammé », la tomate, l’épervier, …

-          Jeux intérieurs  avec des jeux de société tels que « dessinez c’est gagné »,

-          Pôle d’activités manuelles avec la confection de bracelets, scoubidous, …

Chaque atelier avait été pensé en amont par les volontaires qui avaient financé et apporté le matériel.

La 3ème semaine Laure a rejoint la Maison centrale d’Antanimora. Une centaine de garçons âgés de 16 à 18 ans sont détenus dans cette prison. Ils disposent seulement de 2 dortoirs, une petite cour extérieure en béton et d’une « salle de vie ». L’enfermement est ressenti beaucoup plus fortement ici. Ils ont le droit à 1 repas par jour et du manioc le soir. Les jeunes étant plus âgés dans ce centre, le partage de leur culture et leur langue est plus présent. Chaque journée a été rythmée par la préparation avec les animateurs le matin, l’après-midi les activités et le soir les retours et relecture de la journée.

« La communication passait essentiellement par les jeux, regards, rires car très peu parlaient français. »

Les 13 volontaires ont permis de créer une dynamique et une ouverture au monde pour tous ces jeunes détenus.

« La joie que nous avons essayé de leur apporter, ils nous l’ont rendue mille fois. »

La dernière semaine fut consacrée au tourisme. Les 13 volontaires ont pu profiter des splendeurs du pays. Leur itinéraire : Ivato  à Fianarantsoa à Manakara à Ranomafana à Antsirabe

Au retour de cette expérience d’un mois d’immersion, Laure est revenue avec de beaux souvenirs et une vision bien relative de notre condition de vie.

Ce qui l’a le plus touché ? « Les adieux, à la fin des 3 semaines d’animation, nous avons passé une demi-journée dans chacun des centres pour dire au revoir aux jeunes. Nous avons profité de ces derniers moments pour danser avec eux, leur montrer les photos et leur offrir une polaire et un goûter.  Au moment de partir, nous étions tous tristes de nous quitter car nous nous étions vraiment attachés les uns aux autres. »

Si vous lui demandez si elle est prête à repartir dans une nouvelle mission, Laure répond « Oui car cela a été un projet  formidable ! Malgré les appréhensions que j’avais avant le départ, je ressors grandie de cette expérience. Il faut oser se lancer, c’est comme ça qu’on avance. »